Depuis plusieurs années, je m’impose une discipline simple. Tous les 3 mois, j’identifie les 3 objectifs principaux sur lesquels je vais concentrer mon énergie pour les 12 semaines suivantes.
Pas de liste interminable de projets. Pas de résolutions vagues qui ne tiennent jamais au-delà de février. Trois intentions claires qui guident toutes mes décisions pendant un trimestre.
Pourquoi 3 et pas 5
La contrainte du chiffre est ce qui fait tout le travail. Elle m’oblige à choisir réellement plutôt qu’à empiler des intentions.
5 objectifs c’est dèjà une liste. À 5, tout ce qui se présente trouve un rattachement plausible, et le filtre cesse de filtrer quoi que ce soit. À 3, une bonne partie de ce qui arrive ne rentre nulle part, et vous devez décider.
12 semaines fonctionnent bien pour la même raison. Un trimestre c’est assez long pour produire un résultat visible et assez court pour que l’échéance pèse dès la première semaine. Un objectif annuel n’exerce aucune pression avant octobre.
Ce que cette discipline a changé dans ma pratique
Le bénéfice principal ne se situe pas là où je l’attendais. Il se situe dans la capacité à dire non.
Refuser des choses inintéressantes ne demande aucun effort ; ça tout le monde peut le faire. La difficulté commence avec l’émergence d’opportunités séduisantes qui ne contribuent à aucune des trois priorités du moment.
Avec le recul, cette restriction volontaire a multiplié mon impact réel bien davantage que les périodes où j’essayais de tout faire. Le mécanisme est simple quelques sujets menés jusqu’au bout produisent des résultats, une dizaine de sujets menés entre 40 et 60 % n’en produisent aucun.
Le rituel des 45 minutes
Tous les 3 mois, je bloque 45 minutes pour deux choses.
D’abord regarder objectivement ce que j’ai réellement accompli par rapport à ce que je visais : objectif atteint, non atteint, partiellement atteint.
Ensuite définir les 3 objectifs du trimestre suivant, en m’appuyant sur ce que la période écoulée m’a appris. C’est ce chaînage qui fait la différence avec une simple liste de bonnes intentions renouvelée 4 fois par an.
45 minutes par trimestre représentent trois heures par an. Peu d’investissements offrent un tel rapport.
Formuler un objectif qui tient la route
3 pièges reviennent systématiquement quand je fais cet exercice avec des indépendants.
- L’objectif formulé en activité. « Publier davantage » ou « prospecter plus » décrivent un effort, pas un un objectif ambitieux et encore moins un résultat. Préférez une formulation hautement qualitative et ajoutez les éléments vérifiables : ce qui sera vrai à la fin des douze semaines et qui ne l’est pas aujourd’hui. C’est la logique de l’OKR (Objectif Key Result).
- L’objectif qui dépend entièrement des autres. « Signer 5 clients » est un bel objectif en soi mais il dépend de décisions qui vous échappent.
- L’objectif déguisé en intention permanente. « Mieux gérer mon temps » traverse tous les trimestres sans jamais se conclure. Un objectif doit pouvoir être coché comme réussi. Ce type d’intentions permanente ; à vous de les transformer en discipline quotidienne. Par exemple, de mon côté, la pratique de 30 ou 35 minutes de sport chaque jour n’est pas négociable.
L’exercice à lancer cette semaine
Identifiez les 3 objectifs sur lesquels vous voulez réellement progresser d’ici la fin du trimestre. Écrivez-les sur des post it grand format que vous collerez à un endroit bien visible.
Puis, pendant les semaines qui suivent, posez-vous une seule question avant d’accepter quoi que ce soit :
est-ce que cela contribue directement à l’un de mes trois objectifs ?
Vous allez probablement découvrir que la majeure partie de ce qui remplit votre agenda ne contribue à aucun d’entre eux. Cette prise de conscience seule libère du temps, avant même que vous ayez commencé à refuser quoi que ce soit.
Pour les opportunités que vous écartez, tenez une liste d’attente ou un parking lot plutôt que de les faire disparaître. Une bonne idée même si elle émerge au mauvais trimestre reste une bonne idée, et savoir qu’elle est notée quelque part rend le refus beaucoup plus facile à gérer.
Vous l’aurez compris, la progression durable ne vient pas de faire davantage de choses. Elle vient de concentrer votre énergie sur moins de choses, en s’assurant que ce sont les bonnes.
Alors dites-moi, quels sont vos 3 objectifs pour les 12 prochaines semaines (si vous en avez défini certains, j’imagine qu’ils vous viennent facilement). D’ailleurs vous pouvez aussi faire le test pour vos équipes.
