Quelles données pour vos Personas ?

Je vous ai déjà parlé des personas au travers de mon retour d’expérience. Je vous les ai présenté comme un outil très performant notamment pour comprendre les utilisateurs et leurs buts, et pour guider les choix de conception.

Toutefois, une question revient régulièrement chez mes interlocuteurs: à partir de quelles sources, les personas se construisent-ils?

Ma réponse est sans ambiguïté : la construction des personas se fonde avant tout sur des données qualitatives issues de l’observation et d’entretiens réalisés auprès des utilisateurs (une bonne douzaine minimum, mais c’est évidemment très variable), en interne ou en externe (car de nombreuses et diverses sources externes sont disponibles et exploitables).

Alors, même si une approche quantitative (effectuée sur un très grand nombre d’utilisateurs à partir de questionnaires ou d’outils analytiques …) peut appuyer cette construction, crédibiliser l’approche vis à vis de certains ou valider certaines orientations, l’approche qualitative est la base, le minimum et ce qui va déterminer la suite des opérations. Évidemment, cela nécessite du temps, de l’énergie, de la technique.

On peut donc selon moi, dans une certaine mesure, se passer de données quantitatives, en revanche on ne pourra jamais faire sans, on a besoin obligatoirement des techniques qualitatives pour s’immerger dans l’univers des utilisateurs, et pour savoir:

  • Quels sont leurs buts ?
  • Quelles sont les tâches et activités associées, leur fréquence, leur durée, leur importance … les actions nécessaires pour atteindre leurs buts ?
  • Qu’est ce qui déclenche leurs actions ?
  • Comment les utilisateurs interagissent-ils les uns avec les autres, et avec les produits existants ?
  • Qu’est ce qu’ils aiment et n’aiment pas ?
  • Quel est l’environnement dans lequel ils évoluent ?
  • Quels traits de personnalité ont-ils en commun ?
  • Quels sont les influences ? les facteurs de décision ? les attentes ?

… en somme, tous ces éléments qui vont nous permettre de différencier et de construire efficacement vos personas. Bon au cas où vous ne l’auriez pas compris, les personas (les vrais), ça me plait …

5 Comments

  1. Thomas Lissajoux
    à

    oups, j’ai le clavier un peu facile suite au lien precedent…
    J’aurais tendance a partager l’opinion selon laquelle
    "Personas don’t talk back"… Attention donc a ne pas se
    deconnecter des utilisateurs reels (meme si je n’ai pas
    trop de doute en ce qui te concerne).

  2. Le risque d’être déconnecté des utilisateurs réels nous guette tous dès lors que nous intervenons en conception; tu as donc raison Thomas, restons vigilants… et d’ailleurs les personas du fait de leur mode de construction, et du recours aux utilisateurs pour les créer, nous évite ce biais là, du moins au début:)

    Les personas refont parler d’eux ces derniers temps, notamment avec les interventions trés remarquées et très polémiques de Jason Fried et Steve Portigal. Jason Fried ne voit pas l’utilité des personas quant à ses propres applications (au demeurant trés réussies): tant mieux pour lui ! Il est lui même la cible de ses produits et sait se glissier dans la peau de ses utilisateurs. Ce luxe n’est pas donné à tout le monde !

    Le point de vue de Steve Portigal est aussi intéressant … car effectivement, mal construits les personas peuvent être néfastes. Voilà pourquoi j’insiste sur les données primaires, et sur une démarche précise, loin des zones de flou que beaucoup, à commencer par Cooper, ont délibèrement laissé. Et pour creuser, faut creuser 🙂
    La clé est triple est selon moi et réside à la fois:

    – dans la dynamique qu’ils engendrent quand on démarre le projet
    – dans leur mode de construction, leur orientation buts / tâches et dans le recours aux utilisateurs (données primaires), l’approche collective
    – dans leur communication

    De l’énergie, de la rigueur, de la discipline, un travail collectif … et surtout une communication omniprésente de A à Z, et ce à de multiples niveaux. Les vraies difficultés se situent là (j’en parle en connaissance de cause…), encore une fois à des niveaux différents selon les contextes, les enjeux, les objectifs et les parties prenantes.

    Sinon Eric, côté lectures il est toujours bon de remonter à la source, voilà pourquoi je conseillerais en premier lieu les bouquins d’Alan Cooper, The Inmates are Running the Asylum, et About Face 2 (About Face 3 est plus récent), puis le site de Cooper (cooper.com) qui dispose de quelques articles trés pertinents (en anglais). Si tu peux mettre la main sur un de leur "tutorial" sur le sujet, c’est encore mieux!

  3. Voilà qui répond en partie à mes questions précédentes 🙂

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