Utilisabilité (Synonymes) = Facilité d’utilisation, convivialité (dans le langage commun)
Utilisabilité (Définition précise) = « Degré selon lequel un produit peut être utilisé, par des utilisateurs identifiés, pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié » (ISO 9241-11,1998)
D’autres QUESTIONS:
Concrètement l’utilisabilité EN QUOI CELA CONSISTE ?
Quelles sont les COMPOSANTES de l’utilisabilité ?
Mes réponses … là il ya deux versions très proches:
Selon ISO 9241 (populaire chez les ergonomes), trois composantes:
Efficacité (atteindre son but… oui / non)
Efficience (atteindre son but, OK mais avec le minimum d’efforts, en un minimum de temps …)
Satisfaction (ressenti global, composantes liées aux deux précédentes, et à l’Utilité)
Selon l’ISO 9126 (populaire dans l’ingénierie, très utilisée pour modéliser les exigences), cinq composantes:
Facilité de compréhension
Facilité d’apprentissage
Opérabilité
Attractivité (enfin !!! ça fera plaisir à Donald Norman …)
Conformité aux standards d’ergonomie
Voilà, j’ai essayé de rester plutôt synthétique ; pour le reste, je vous renvoie au tout nouveau et excellent livre d’Amélie BOUCHER, Ergonomie web , qui décrit fort bien ces notions d’utilisabilité et d’utilité.
Pour ma part, je me contente bien souvent d’une ergonomie en 3 mots … pour présenter mon métier.
La mise en avant de l’Utilisabilité (facilité d’utilisation) : c’est l’une des 6 caractéristiques du modèle de qualité
La présence de l’Attractivité en plus de sous caractéristiques plus classiques : c’est la reconnaissance de l’esthétisme, de l’affect, du “beau” au niveau de l’interface… élément qui fait régulièrement débat
L’introduction (forme révisée) du concept de “Quality in use” avec 4 caractéristiques : Efficacité, Efficience, Sûreté, Satisfaction… mon “Ergonomie en 3 mots” pourrait pourquoi pas, se transformer en une “ergonomie en 4 mots”
La mise en oeuvre des mesures
En bref
ISO 9126 et ISO SQuaRE fournissent un modèle, fait de caractéristiques et sous-caractéristiques, permettant de lier les qualités externes d’un logiciel à ses qualités internes, et introduisent fort justement (même si on a tendance à l’oublier) le concept de “Quality in use” (« the user’view of the quality of the software product when it is used in a specific environment and a specific context of use ») : une vraie porte ouverte vers les Tests Utilisateurs et l’observation en contexte.
6 caractéristiques de qualité (avec un focus sur l’Utilisabilité)
Capacité fonctionnelle
Fiabilité
UTILISABILITE (en anglais, “usability” qu’on peut traduire aussi par “facilité d’utilisation”, c’est à dire un “Ensemble d’attributs portant sur l’effort nécessaire pour l’utilisation et sur l’évaluation individuelle de cette utilisation par un ensemble défini ou implicite d’utilisateurs”) : Facilité de compréhension, Facilité d’apprentissage, Opérabilité, Attractivité, Conformité aux standards d’ergonomie
Rendement
Maintenabilité
Portabilité
Pourquoi ça m’intéresse ? Qu’est ce que ces normes m’apportent ?
La qualité des produits est mon leitmotiv, ce vers quoi je tends…
Ces normes sont à elles seules le symbole de la convergence de plusieurs disciplines de l’ingénierie
C’est la reconnaissance de ma propre discipline, l’Ergonomie, de mon rôle et de mon expertise (en particulier sur les questions relatives à la facilité d’utilisation), cela peut légitimer mon intervention
C’est un point d’entrée idéal pour l’ingénierie des exigences (du recueil à la gestion des exigences en passant par l’analyse du besoin): j’utilise ces caractéristiques pour qualifier les exigences fonctionnelles et non fonctionnelles recueillies
Cela facilite ma collaboration avec les services QA (Quality Assurance) et sur un projet avec un Responsable de test
Il existe un lien fort avec des domaines de processus CMMI, niveau 2 et 3, je pense notamment à RD “Développement des exigences”, REQM “Gestion des exigences”, VER “Vérification”, VAL “Validation”, TS “Solution technique”, MA “Mesure et Analyse” …
L’ergonomie c’est aussi des normes, normes qui sont parfois trés opérationnelles comme cette norme d’ergonomie AFNOR, Évaluation des produits logiciels : Définition des critères ergonomiques de conception et d’évaluation des interfaces utilisateurs, norme française, 1991. …
7 critères pour vous aider à construire et à cadrer vos évaluations ergonomiques “expertes” , guider vos conclusions et structurer vos rapports … 7 critères sur lesquels vous appuyer pour la conception d’applications informatiques, en plus des principes classiques de conception d’interface, notamment visuels (symétrie, alignement, équilibre, groupement, distinction, simplicité …) et des 30 concepts-clés d’utilisabilité récemment traduits et adaptés par Sébastien Billard.
Les 7 critères pour l’évaluation et la conception d’interface:
Toutefois, n’oubliez pas qu’une réflexion en termes de buts , de Profils Utilisateurs (Personas) et de contexte d’usage est toujours essentielle, et que des validations utilisateurs (formelles ou informelles …) doivent être recherchées le plus possible.
Pour les amateurs de normes, je m’attarderai à l’occasion, dans un prochain billet, sur l’ISO 9126« Génie du logiciel — Qualité des produits », une norme également très opérationnelle sur laquelle Ergonomes, Analystes et Spécialistes QA peuvent facilement s’appuyer dans les projets de conception de logiciels. Cette norme m’a notamment servi pour définir certains aspects de ma Liste des Exigences.
L’agilité véhicule pas mal d’idées reçues. Je me suis attaqué à l’une d’entre elle en soulignant la forte complémentarité entre Offshore et Méthodes Agiles. Pour autant, d’autres mythes circulent souvent à propos de ces méthodes:
« Pas de documentation », (au contraire la doc. existe mais on va à l’essentiel, Juste ce qu’il faut)
« Pas de discipline, pas de planning » (au contraire, les dates sont fixes -Time boxing-, le contenu des plannings est même plus précis puisque réactualisé à chaque itération, les jalons sont posés : la visibilité est un vrai point fort),
« ERGONOMIE ET METHODES AGILES NE FONT PAS BON MENAGE »: là malheureusement, il y a du travail …
Pour avoir sa place dans des équipes Agile, l’Ergonome doit selon moi adapter sa démarche (plus de pragmatisme et de réactivité; d’ailleurs Dan Saffer, d’Adaptive Path, va dans ce sens), adapter ses outils (pour plus d’efficience), adapter ses livrables (en allant à l’essentiel mais toujours en fonction de ses destinataires) … et surtout convaincre de l’utilité de son rôle (soyez rassuré, tout cela, je le détaille trés précisément, profil et activités, dans mon Manifeste pour une Ergonomie Agile). Cela passe par la démonstration :
Du recouvrement possible par l’ergonome d’activités parfois délaissées par les équipes de développement (du côté du besoin, des exigences, de la validation), preuve de sa polyvalence
De sa forte expertise et de sa plus value sur toutes les problématiques d’Interface Utilisateur
De son savoir faire dans le dialogue et la communication avec les utilisateurs au travers d’interviews, de réunions de validation, de tests utilisateurs ou d’ateliers de travail (fonctionnels ou de conception).
Biensûr des différences entre les deux approches existent, mais en contrepartie, l’ergonome peut bénéficier de leviers forts (des conditions trés favorables pas toujours présentes dans les cycles traditionnels) sur lesquels il va pouvoir asseoir son action: livraisons fréquentes, validation continue, coopération et implication forte des clients et utilisateurs tout au long du projet, accent mis sur la simplicité.
Ainsi l’ergonome a longtemps cherché (et cherche toujours, il n’a guère le choix) à intègrer une démarche de conception centrée Utilisateur (de type ISO 13407 ou “Usability Engineering Lifecycle” de Mayhew) à des cycles de développement logiciel traditionnels (cascade ou V).
Récemment et cette fois dans une perspective itérative et incrémentale, le RUP (instanciation la plus connue, la mieux documentée mais aussi peut être la plus lourde du Processus Unifié) a permis de démocratiser en ingenierie logicielle des termes comme UI Designer, Usability, User Testing, User Experience (en plugin svp).
Aujourd’hui, des groupes de discussion influents tel que « Agile usability » et des personnalités (Jeff Patton, Alain Desilets, Larry Constantine, Scott Ambler…) cherchent à aller plus loin; parallèlement les méthodes Agiles se font connaître en France:
le temps est donc venu pour l’Ergonome de devenir Agile.
Dans l’autre sens cette fois.
La recherche de la qualité du logiciel et de la qualité des processus est mon leitmotiv depuis quelques années et sera à l’honneur sur QualityStreet. Si vous êtes devant ce blog c’est que vous percevez déjà la nécessité de tester ce que vous produisez et que le chiffre de 30% de test dans la charge globale d’un projet ne vous fera pas bondir !!
Ce que j’apprécie beaucoup dans le Processus Unifié c’est qu’il met le focus sur cette discipline et permet d’introduire facilement les concepts de validation, de vérification. Il me permet même de faire le lien avec mon activité initiale d’ergonome, que ce soit au niveau de:
la vérification (le produit est-il bien fait ?) : cela peut être par rapport à une charte d’ergonomie, de standards…
ou de la validation (est ce le bon produit ?) par des utilisateurs (tests utilisateurs pour les ergos.; tests d’acceptation pour les ingenieurs qualité).
Vous me voyez venir…
oui, le test peut être un point d’entrée idéal vers une démarche ergonomique. Si en plus mon équipe développe en mode UP, dans une démarche itérative, et bien je peux même faire mes tests plus tôt et avoir accés à mes utilisateurs. Voilà la boucle est bouclée, avec un peu d’efforts je m’approche sans en avoir l’air de l’ISO 13407 (conception centrée utilisateur).
OK, ça fait beaucoup de raccourcis…mais je vous promets de déveloper tout cela par la suite.