L’approche design Studio n’est pas révolutionnaire mais elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène, notamment grâce à des configurations type SCRUM qui mettent en avant l’Equipe, le Collectif et qui donne au Design Studio des conditions ultra favorables pour être efficace.
Sketching: Round 1 Travail individuel au sein d'un COLLECTIF
Les + que j’ai pu observer
Cohésion de l’Equipe
Esprit Agile
Grand nombre d’options en un minimum de temps
Source de diversité et d’innovation
Résolution de problème efficace
Format impliquant et engageant (réflexion individuelle puis construction & décision collective)
Le Design Studio: Comment ça marche?
Cette approche ultra collaborative se déroule en 4 temps dans une logique itérative alternant divergence - convergence.
Un agenda simple
Temps 0 : Ouverture: contexte, Vision produit, Personas, Elements de Backlog ou Probléme à résoudre
Temps 1: Itération 1 avec Sketching Solo (rapide, 6 écrans ou enchaînement en 8 minutes), puis PITCH de chaque personne à l’équipe (3 min) pour défendre et présenter ses solutions puis CRITIQUE (constructive) de l’équipe (2 min)
Temps 2: Itération 2 (le REMIX), sur la base de la 1ere itération. On tient compte des options et critiques des autres avec Sketching Solo (rapide, 6 écrans ou enchaînement en 8 minutes), puis PITCH de chaque personne à l’équipe (3 min) pour défendre et présenter ses solutions puis CRITIQUE de l’équipe (2 min)
Temps 3 : Itération 3: ON CONSTRUIT COLLECTIVEMENT LA SOLUTION qui GAGNE (45 - 60 min) puis on la présente à d’autres si nécessaire
Pas mal d'options; 6 écrans * 6 personnes * 2 tours ! + 1 version finale
Temps 4 : Cloture
Au démarrage des projets, on se lance dans des design studio de 3, 4 heures qui vont impliquer le PLUS DE PERSONNES POSSIBLES (spécialistes de l’interface, développeurs, testeurs, représentants métier, clients, utilisateurs…).
Le design d’interface, via SKETCHING, est désormais l’affaire de tous.
Derniers Conseils
Le sketching est juste une question de pratique, alors entraînez-vous!
C’est un travail de conception
Ne vous laissez pas déstabiliser par certains spécialistes considérant encore qu’eux seuls détiennent cette expertise sur les écrans et leur enchaînement
Appuyez-vous sur le collectif et le format Design Studio pour définir votre Vision UX ou la posture ergonomique de votre produit: faites-vous confiance et faites confiance au format pour vous donner les premières preuves que ça marche!!
Pensez à intégrer des mini-Design Studio tout au long de vos développements, au cours des sprints, dans les Backlog Refinement ou des workshops distincts, plus courts sur des problématiques précises…
Personnellement, j’ai une préférence pour plusieurs groupes de 3 ou 4 participants (experts, utilisateurs…). Si vous cherchez à vous assurer de la bonne compréhension de vos catégories et de la bonne organisation des éléments qui les composent: le tri de cartes est fait pour vous.
un peu d'organisation, que diable!
Simple et rapide, la technique peut facilement être mise en oeuvre, par le praticien AGILE UX, dans une dynamique de projet Agile, au cours des premiers sprints…
Et concrètement?
Disons que les consignes que vous autre spécialiste UX pourriez adresser à votre petit panel d’utilisateurs pourraient ressembler à cela:
“Devant vous des catégories et une série de plus petites cartes représentant des contenus. Nous allons vous demander de ranger ENSEMBLE les cartes dans la catégorie à laquelle vous pensez qu’elles appartiennent”
…
” Si des cartes ne vous semblent pas explicites, nous pouvons si besoin vous donner une description mais le but c’est quand même d’aller vite…
Le cas échéant, si vous pensez que des cartes peuvent aller dans plusieurs catégories, écrivez une nouvelle carte…
Travaillez ensemble, Décidez ensemble, recherchez le consensus, et si nécessaire votez en vous référant à ce poster (vote à 5 doigts)
N’oubliez pas rien n’est figé…”
…
“Ensuite nous vous demanderons de nous indiquer individuellement, par catégories, les 3 cartes que vous mettriez en avant”
Vous l’aurez compris, l’interêt de ce type de protocole est que vous pouvez tester plusieurs choses en 1 session, et recueillir un précieux feedback. Les interactions entre participants sont selon moi source de valeur supplémentaire!
Dans l’univers IT, et plus spécifiquement en conception / évaluation de produits, l’Interview reste une technique de base, indispensable. Les verbalisations sont en effet nécessaires pour comprendre les usages et situations de travail, pourtant l’entretien est à utiliser AVEC DE RÉELLES PRECAUTIONS…
L’interprétation et la compréhension de nos propres comportements correspondent en effet rarement à la façon dont on s’est vraiment comporté…
bref, ce que les utilisateurs disent et ce qu’ils font réellement, est différent.
J’utilise beaucoup l’interview, dans le cadre de mes activités de coaching comme dans un contexte plus UX dans les projets de développement d’applications informatiques. D’ailleurs interviewer est au cœur de très nombreux métiers, et pourtant…
De vraies limitations dont il faut tenir compte…
On s’aperçoit tous au quotidien que nous autres, êtres humains, ne sommes pas vraiment « cablés » ou « équipés » pour faire des estimations; vos utilisateurs, ne le sont pas non plus pour se souvenir d’une utilisation passée d’un produit ou spéculer sur un futur usage.
Petit retour à la réalité…
Oui, vos utilisateurs oublient,
Vos utilisateurs vont chercher à généraliser !
Vos utilisateurs vont chercher à idéaliser !
Vos utilisateurs vont chercher à simplifier !
ça se complique donc et au cas où vous l’auriez oublié, vos utilisateurs ne sont pas des concepteurs : imaginer le produit du futur ce n’est pas leur boulot, les interroger sur la pertinence d’un futur choix d’interface, encore moins.
D’ailleurs est ce que cela les intéresse réellement ?
Go & See … Show and Tell…
Rien de tel !
et en anglais parce que cela sonne mieux.
Compte tenu des limitations précédentes, que nous reste-il ?
La réponse se fait sans nuances : aller et voir sur le terrain (d’ailleurs l’un des 14 principes du Lean Management). Observer et aller interviewer sur le lieu de travail les personnes qui utilisent le produit. Leur demander de vous montrer, de vous expliquer comment elles font ; les observer en situation d’usage.Voilà la clé du succès… et la seule façon à terme de « ravir vos utilisateurs ».
Voilà aussi pourquoi les tests utilisateurs fonctionnent ou pourquoi les méthodes agiles, avec leur démonstration, leurs livraisons toutes les 2/3 semaines et la recherche permanente du feedback donnent tant satisfaction. Bref, en matière d’entretien sur les usages, beaucoup se joue sur le concret et l’instantané.
Interviewer “quand il le faut” et sur les bons sujets!
Quant il est question d’usage, l’interviewer doit mener l’entretien quand il le faut et au maximum rechercher le présent, le concret et se raccrocher à la réalité de la personne (commentaires in situ, impressions après utilisation)pour tirer quelque chose de pertinent de sa collecte d’informations.
Et puis, il y a toujours ces bons sujets que l’interview permet d’aborder avec efficacité. Par exemple, à titre personnel, j’aime bien assoir ma démarche de construction des Personas sur l’interview d’un certain nombre d’utilisateurs… pour explorer:
l’activité, le travail à faire, le domaine
les buts à atteindre
les motivations
les attitudes
les difficultés rencontrées, les frustrations et caractériser les problèmes
Autant d’éléments de l’analyse ergonomique que l’interview permet d’appréhender.
Pour revenir sur un usage passé en contournant les biais décrits précédemment, certaines techniques d’entretien peuvent s’avérer très précieuses (technique de l’incident critique de John Flanagan, storytelling sur des cas extrêmes, focus sur les exemples…)
Et pour finir mes règles d’or réactualisées
Transformer l’entretien en conversation, souple pour laisser de la place à l’interviewee mais aussi structurée (intro-ouverture -générique - spécifique -clôture)
Se mettre dans une posture d’apprenant… en restant neutre, attentif voire naif
Adopter une écoute active et encourager l’expression en proposant régulièrement des indices non verbaux signes d’intérêt et de curiosité
Laisser l’autre sur le devant de la scène : ne pas parler plus que l’autre (max. 30 % de temps de parole)
Privilégier les questions ouvertes en évitant les questions fermées et « orientées » suscitant des réponses préétablies
Solliciter un maximum d’exemples et d’histoires spécifiques permettant aux utilisateurs de retrouver leur concret
Exploiter les silences… en cas de doute toujours attendre avant de parler
Ne pas interrompre mais réitérer à des moments clés (écho, résumé, élucidation)
Ma liste de critères ergonomiques pour la conception d’interface contient 11 critères. C’est une liste personnelle, établie au départ sur la base des normes & standards existants (ISO 9241, AFNOR Z67 133, Bastien & Scapin, Heuristiques US …), que je m’efforce de partager au quotidien avec les équipes de développement tout en sensibilisant le métier sur la question.
C’est s’adapter aux modes opératoires de l’utilisateur (mais aussi tenir compte des contextes et situations similaires).
Ce 11ème et dernier critère se réfère en premier lieu à l’accord existant entre les caractéristiques des utilisateurs (caractéristiques physiques, psychologiques, démographiques, expérience, compétences, attentes, besoins…), les tâches et les éléments d’interface et d’interactions.
La compatibilité concerne aussi la capacité de l’application à s’inscrire dans des standards établis pour des contextes similaires. On parlais beaucoup des standards Windows; on parle toujours des standards Web…Les standards d’accessibilité relèvent donc en partie de critère.
Des standards pour les interfaces mobiles... qui vont nous suivre longtemps
La compatibilité est un critère ergonomique majeur en conception d’interface, avec entre autres, à la clé plus d’efficience et d‘efficacité dans l’utilisation de l’outil et une réduction du temps d’apprentissage…
Mauvaise pratique
Exemple 1 :
Bouh... le bouton radio pour déclencher une action!!
Exemple 2
Ok mais le fil d'Ariane et les éléments de navigation, on les attend... en haut!
Quelques bons exemples … so GOOD !
Bonne pratique :
Bonne métaphore
Bonne pratique :
Un élément que chacun d'entre nous connait
Bonne pratique :
Une fiche produit efficace chez Gap avec tout ce que l'utilisateur peut avoir besoin pour faire son choix
Bonne pratique :
Yahoo mail, quelque chose de connu pour les utilisateurs d'outlook...
Bonne pratique :
Regroupement par continent puis pays... vous avez dit modèle mental
Bonne pratique :
La cible des utilisateurs est US...
Bonne pratique :
Shazam: une application mobile qui répond efficacement aux besoins des utilisateurs!
Bonne pratique :
Du déjà vu, cette fois-ci remasterisé !
Bonne pratique :
Trés bonne compatibilité avec l'univers de la facturation...
Quelques exemples de recommandations
Adopter le point de vue de l’utilisateur
Proposer un contenu engageant, pertinent et attendu par les utilisateurs
S’assurer que la logique applicative correspond bien à la logique (modèle mental) de l’utilisateur
Permettre aux utilisateurs de recevoir des documents conformes à leurs préférences
Adapter l’ordre des menus à la façon dont l’utilisateur exécute ses actions
Placer les éléments les plus importants pour l’utilisateur en haut de la liste
Conserver l”organisation du formulaire papier pour les pages formulaires remplies par les opérateurs
Proposer une séquence de saisie adaptée à l’ordre souhaité par les utilisateurs
Proposer un moyen facile et évident de revenir à la page d’accueil du site
Respecter les standards de conception d’interface Windows
Proposer des valeurs par défaut quand c’est possible
Utiliser le langage de l’utilisateur
Doter chaque image d’une alternative textuelle
Réserver les textes soulignés aux liens hypertextes
Identifier la destination des liens
Proposer un plan de site disponible depuis chaque page
Indiquer à la fois sur une page de résultats le nombre de résultats, le nombre de pages de résultats ainsi que le nombre de résultats par page
Proposer sur la page d’accueil du site web au moins un moyen de contact
Laisser à l’utilisateur suffisamment de temps pour lire et utiliser le contenu.
Réserver les couleurs vives pour attirer et capter l’attention
Identifier chaque page du site par un titre de page
S’assurer de la compatibilité du site avec les principaux navigateurs du marché
Optimiser les pages de l’application pour qu’elles s’affichent sans ascenseur horizontal en résolution 1024×768
Ne pas construire entièrement un site public sur une technologie telle que Flash, Flex, Ajax
Assurer l’accessibilité des contenus dynamiques
Construire la fonction de recherche à partir des termes et expressions utilisateurs
Ma liste de critères ergonomiques pour la conception d’interface contient 11 critères. C’est une liste personnelle, établie au départ sur la base des normes & standards existants (ISO 9241, AFNOR Z67 133, Bastien & Scapin, Heuristiques US …), que je m’efforce de partager au quotidien avec les équipes de développement tout en sensibilisant le métier sur la question.
Ce critère concerne la bonne adéquation entre l’objet et son référent, et implique donc de choisir de manière appropriée les mots et les symboles utilisés sur un site ou une application.
Concret - Abstrait
Un regard tout particulier sera donc porté sur le vocabulaire utilisé dans l’interface ou sur le site. Une fine connaissance des cibles et de leur domaine, au travers d’une approche Personas, d’enquêtes contextuelles ou de Tri de cartes est indispensable pour bien appréhender les mots, le langage des utilisateurs.
Dans tous les cas, un vocabulaire simple, précis, concis, explicite, compréhensible et orienté utilisateur doit être privilégié.
L’utilisation d’icônes et d’images présente de multiples avantages (concision et reconnaissance) puisqu’il s’agit d’éléments qui peuvent être interprétés, et donc reconnus plus rapidement que du texte. Toutefois celles-ci doivent être maniées avec précaution : en nombre limité, conventionnelles, sans aucune ambigüités et idéalement associées à un libellé qu’elles représentent.
En bref, les mots et symboles choisi doivent être familiers des utilisateurs.
Quelques exemples de recommandations
S’assurer que le lien entre l’objet et son référent est le plus direct possible
S’assurer que les liens et items de navigation ne comportent pas de termes qui risquent de ne pas être compris par la population visée.
S’assurer que les titres véhiculent ce qu’ils représentent, et sont distincts
S’assurer que les liens sont explicites dans leur contexte: l’utilisateur doit savoir s’ils renvoient vers une autre page, s’ils ouvrent un document bureautique ou s’ils correspondent à une adresse électronique
Rendre les règles d’abréviation explicites
Vérifier la compréhension des icônes avec les utilisateurs cibles
Utiliser des icônes pour les éléments fréquemment employés
Accompagner l’icône de son nom
…
Mauvaise pratique
Exemple (Rowenta)
Des icônes isolées et ambigues sur Rowenta.fr
Quelques bons exemples… So good!
Bonne pratique :
Des libellés concis et explicites
Bonne pratique:
Un choix d'icônes efficace qui respecte les conventions