La modularité se mesure dans la capacité qu’ont les composants du portail d’entreprise d’être séparés et recombinés, tant d’un point de vue fonctionnel qu’ergonomique. Elle confère au portail à la fois simplicité, cohérence, flexibilité et évolutivité, attributs attendus des portails nouvelle génération.
Certes, la conception ergonomique et fonctionnelle d’un portail d’entreprise reste avant tout centrée sur l’activité des utilisateurs finaux, mais se transforme, dans une approche hautement modulaire, en un véritablejeu de construction hiérarchisé et fondé à la fois sur un système de BLOCS et de CONNECTEURS.
Portail d’entreprise et conception modulaire
DES BLOCS …
Les blocs sont de taille différente et intègrent en leur sein contenus et fonctionnalités.
Unité de base du système et intégré à la page Web, le bloc simple est l’élément dont l’utilisateur final est le plus familier. De hauteur et de largeurs variées, il se découpe en trois zones et possède :
une zone d’en tête «Header» laissant apparaître un titre et diverses fonctionnalités, le plus souvent de contrôle du bloc (maximiser, réduire, fermer, afficher, masquer …)
une zone centrale composée d’une grande variété de contenus (texte, tableaux, graphiques, vidéos, cartes interactive, et widgets en tout genre)
une zone Footer, facultative, dont le traitement visuel et fonctionnel diffère très largement selon les contextes.
Les blocs simples peuvent être ou non regroupés (en Vue et/ ou en Groupe de blocs ).
Leur association donnera ensuite naissance aux pages web, qui elles-mêmes associées, constitueront les rubriques qui au final formeront le PORTAIL D’ENTREPRISE (BLOC le plus élaboré).
ET DES CONNECTEURS
Les connecteurs permettent quant à eux d’agir et de lier les blocs entre eux. On peut les regrouper pour l’essentiel en trois catégories:
Éléments de contrôle et d’interface : Il s’agit d’actions portant sur le bloc lui même (maximiser, réduire, fermer, désactiver et d’autres actions plus évoluées relatives à l’apparence et au positionnement), de fonctionnalités de confort (imprimer, télécharger, envoyer à un ami, créer un PDF…), de paramètres d’affichage du contenu, depuis le nombre d’items à afficher jusqu’au sélecteur de date et de produits
Éléments de navigation : Il s’agit essentiellement des barres de navigation principale et secondaire permettant de naviguer de rubriques en rubriques et de pages en page au sein de l’arborescence. Les items de la zone « utilitaires » (affichés le plus souvent en haut de page) relèvent de cette catégorie, tout comme la navigation contextuelle (entre pages et / ou blocs), les onglets intrapage, et les différentes vues d’une même page…
Éléments sociaux et collaboratifs : Il s’agit de fonctionnalités permettant d’engager des utilisateurs avec d’autres autour d’une thématique donnée affichée par exemple sur un bloc simple (annoter, commenter, tagger, voter, recommander…)
Bref, choisissez, déclinez et arrangez vos blocs, liez-les par les connecteurs les plus appropriés, et surtout AMUSEZ-VOUS !
Je suis convaincu depuis longtemps des bienfaits de la méthode des Personas (utilisateur-type, représentation fictive des utilisateurs cibles, qu’on peut utiliser pour fixer des priorités et guider nos choix de conception) …
Je suis convaincu aussi de la nécessité pour une organisation de construire une Vision partagée que celle-ci porte sur un produit, une gamme, ou qu’elle soit à plus grande echelle …
Et bien, jugez plutôt du résultat quand on associe les deux !
Comment le monde va -t-il évoluer ?
Quelles seront les habitudes et besoins des personnes ?
Quelles technologies vont ils utiliser pour le faciliter la vie ?
450 experts d’Ericsson (et d’ailleurs) ont travaillé sur ce colossal, « Ericsson Life in 2020 project » et construire ces 15 personas pour illustrer la façon dont ces personnes utiliseront les produits IT (77 imaginés) dans leur vie de tous les jours en 2020.
Tout y passe : Day in life, une approche orientée buts, comportement, usages qui en plus de critères socio - demo permettent de distinguer ces personas, le storytelling, le réalisme, les connexions entre Personas, des visuels sympas …
Quel boulot !!
Le tout dans une belle interface riche qui nous porte d’histoires en histoires…
Pour les technophiles et passionnés d’Ubimedia, visitez le volet « Devices », ça vaut le détour …
Tout nouveau, tout chaud en cette fin de mois d’aout, les Guidelines User Experience Microsoft Windows 7 sont disponibles (toujours pertinents pour nous autres concepteurs d’interface).
Ou quelques éléments d’ergonomie et marketing web bien pensés proposés sur Smashing Magazine par Dmitry Fadeyev (Usability Post), conseils que je me suis permis de traduire et de commenter.
Inutile de vous dire que je bien en phase avec ces 8 conseils même si selon moi la combinaison Personas - Ergonomie incitative est trés largement facilitatrice et tout aussi déterminante.
Conseil 1 : Avant tout suggérer
L’art de la suggestion, du subliminal est depuis toujours une clé du marketing. Sur le web (comme dans d’autres contextes), il s’agit de véhiculer des valeurs, un message, des sensations, un sentiment par des images et par un ensemble de visuels. Peu d’espace, peu de temps: chez nous c’est le subtil boulot du DA (Directeur Artistique).
Conseil 2 : Prévenir l’indécision
C’est éviter de multiplier les options pour ne pas réveiller cette fameuse “paralysie du choix” qui nous guette tous ! Faciliter la vie du visiteur en réduisant donc le nombre d’options mais aussi en l’accompagnant, en le guidant dans son choix est plus que jamais nécessaire. D’autres formes sont possibles : mettre en avant les éléments les plus populaires, la recommandation ou encore un choix par défaut.
Ce conseil rejoint une loi que j’applique tous les jours en conception d’interface : la loi de Hick (”il est plus facile de décider parmi un nombre réduit d’éléments”)…
La concurrence est rude et l’internaute n’a pas de temps à perdre : allez à l’essentiel et simplifiez lui la vie !
Conseil 3 : Montrer le produit
Une image vaut plus que 10000 mots, cela semble évident mais ce n’est pas encore acquis… et pourtant l’apparence et le look restent toujours d’énormes critères de choix chez les acheteurs. Des boites comme 37 signals l’ont compris depuis longtemps … screenshots, demo feedback et bouche à oreille !
Conseil 4 : Laisser les gens essayer
Dans d’autres contextes que le web, c’est aussi une évidence. Essayer un produit, c’est engageant, au moins un minimum, et parfois l’essayer c’est l’adopter
Conseil 5 : AIDA
A…I…D…A, c’est à dire capturer l’attention (levier incitatif), gagner son intérêt (explication, description) , générer un désir (les gains) et pousser à l’action (call to action).
AIDA c’est donc jouer sur toute une somme de leviers incitatifs (positionnement, orientation, visuels, forme, accroche, couleur, typo …), mis en scène, orchestrés dans un seul objectif : L’ACTION
Conseil 6 : Guider l’attention
Dans le prolongement du point précédent: c’est capturer l’attention puis la guider jusqu’à l’objectif final : la vente ! Cela se joue sur une page ou sur un enchaînement de pages par la définition de parcours clients ultra scénarisés.
Conseil 7 : Toujours proposer une suite, des moyens d’actions complémentaires
C’est tout simplement ne pas abandonner l’utilisateur au beau milieu du site, toujours travailler le flux pour ne jamis pas perdre son attention. L’idée est bien évidemment de lui proposer des actions à haute valeur ajoutée, en lien avec vos objectifs Business : S’inscrire, Commander, Avoir de l’info + poussée…
Il y a bien une tendance de lecture (du haut à gauche en bas à droite) : c’est très occidental, mais trés juste : on lit de gauche à droite et de haut en bas. Alors certes il y a des zones d’accroche plus importantes que d’autres (cf Eye Tracking) mais il existe surtout un flux de lecture auquel on ne peut échapper.
Toute une mise en scène est donc à travailler en fonction de ce flux, avec un point de départ en haut à gauche, des points d’accroche intermédiaires dans la diagonale et une terminaison en fin de diagonale (l’action recherchée). L’exemple ci-dessous en est une parfaite illustration:
Mais toujours avec de la préparation (beaucoup de découpage) et plutôt en petits groupes, c’est en effet beaucoup plus riche et beaucoup plus sympa !
A l’heure ou d’autres cherchent encore et toujours l’outil magique qui révolutionnera l’ère du prototypage ou de la conception ergonomique de Wireframes, le prototypage papier met délibérément l’accent sur l’humain, la collaboration et la proximité … des valeurs trés agiles.
Car selon moi, la vraie force du format Wireframe (livrable essentiel de conception) réside avant tout dans sa capacité à :
se faire dans un mode collaboratif,
susciter le feedback,
communiquer la vision ergonomique
soutenir les activités à la fois des acteurs métier / MOA et des acteurs Développement & Test.
Le tout en restant dans le JUSTE CE QU’IL FAUT …
Et le prototypage papier va bien dans ce sens… Les possibilités de mise en oeuvre sont nombreuses et les bénéfices de ce format en workshop conception sont très réels. Voilà ce que j’ai pu observer dans quelques séances de groupes:
C’est ultra collaboratif, ça suscite les échanges et ça permet d’obtenir une vision commune, y compris avec des équipes pluri disciplinaires ou qui n’ont pas forcément les mêmes objectifs (des groupes hétérogènes c’est encore mieux !)
Cela réduit les problèmes de communication: on est en direct !
C’est plus ouvert et ça nous libère de pas mal de contraintes en donnant l’impression que rien n’est figé, qu’on peut modifier les choses aisément sans gros impact
C’est source de créativité (faites confiance à l’intelligence collective)
C’est interactif, c’est de la manipulation directe, c’est ludique et en rupture avec la passivité des réunions classiques
C’est adaptatif et évolutif avec multiples modes d’intervention et d’animation selon les contextes
Pour conclure, une petire illustration en images d’une séance Prototypage Papier: