Posted by jc-Qualitystreet on 8 novembre 2011
les rétrospectives…une question d’attitude!
La réussite d’une rétrospective ou d’un workshop dépend certes d’une bonne facilitation mais elle dépend surtout des personnes présentes et de la qualité de leurs échanges. Un élément crucial est donc l’attitude et les sentiments des participants envers cet atelier de travail auquel ils sont amenés à assister; leur motivation en quelque sorte.

ESVP... la légende!!!
Vous vous sentez “emprisonnés”, vous avez mieux à faire ?
Réagissez ou ne restez pas !
Les exercices & techniques de facilitation les plus simples sont souvent les meilleurs. L‘ESVP (Explorateur, Shopper, Vacancier, Prisonnier) est un petit exercice, très rapide à exécuter et très approprié pour limiter les risques de nuisance, engager la conversation sur ce sujet plutôt délicat et pour amener à la décision (s’impliquer ou s’en aller…)
Comment ça marche ?
Temps 1: Présenter l”exercice : petit sondage anonyme pour comprendre comment vous voyez votre participation à l’atelier ou la rétrospective
Temps 2: Distribuer Postit, expliquer les différentes attitudes et demander à chacun de se situer:
- Les Explorateurs (ceux qui ont envie de découvrir de nouvelles choses, d’apprendre toujours plus)
- Les Shopper (ceux qui vont jeter un œil à toute l’info disponible et qui seront heureux de sortir de là avec une bonne idée)
- Les Vacanciers (ceux qui ne sont pas vraiment intéressés par le contenu de l’atelier mais plutôt contents de sortir de leur quotidien)
- Les Prisonniers (ceux qui ont le sentiment d’avoir été forcés à assister à l’atelier et qui pensent avoir mieux à faire ailleurs)… OUPS
Temps 3: Rassembler les postits et écrire le résultat au tableau

ESVP... Résultats et discussions!
Temps 4: Engager la discussion autour des résultats (Que fait on de cela ?….) voire adapter le format de la rétrospective
Evidemment, la gestion des « prisonniers » n’est pas le sujet le plus simple; c’est même l’un des enjeux de l’exercice! Même si le vote est anonyme, ils sont le plus souvent identifiés. La valeur d’une rétrospective réside aussi dans le collectif, dans la diversité des échanges et des points de vue. La présence de chacun est essentielle mais nous ne sommes pas là pour perdre du temps ou pour faire perdre du temps (ROTI; Return On Time Invested)…
Posted by jc-Qualitystreet on 27 octobre 2011
… apprendre encore et toujours!

To learn List
Agilité et apprentissage sont intimement liées.
L’apprentissage est une dimension clé de l’Agilité, une composante fondamentale de cet Esprit Agile, et plus largement de l’activité Humaine. Dans le même temps, les méthodes Agiles (notamment Scrum ou XP) sont des terrains très propices pour favoriser un apprentissage efficace. Equipes collocalisées et cross-fonctionnelles, coopération et collaboration facilitées, situations d’apprentissage encouragées (workshops, planning poker, pair-designing, pair-programming, rétrospective, gaming…), partage et échanges de connaissances…autant de pratiques sources de valeur pour apprendre et s’améliorer.
Et pourquoi pas aller plus loin et donner enfin à cet élément fondamental une place de choix au sein de notre Radiateur d’informations?
Au mur, vous qui aviez déjà votre Taskboard, votre Vision, votre Product Backlog, votre Impediment List (Liste des obstacles), pourquoi pas vos Personas et un Risk board; suite à vos Daily Scrum (et After daily) et autres Retropsective, osez désormais la “TO LEARN LIST“, et suivez, valorisez cette activité aux yeux de tous!
Personnellement j’ai d’ailleurs adopté cette “To learn List” à la maison et j’en suis plutôt content!
Soyez Curieux!
Posted by jc-Qualitystreet on 14 octobre 2011
« Souviens-toi du Futur » (”Remember the Future ») et « Mon ombre et moi » (« Me and my shadow ») font partie des 13 Innovation games proposés et popularisés par Luke Hohmann.
Je vous ai déjà parlé du Product Vision Box et du Speed Boat dont je me sers régulièrement… il est temps aujourd’hui de vous faire découvrir ces deux autres jeux dont les spécialistes de l’Expérience Utilisateurs sont plutôt familiers. Car recueil des besoins, entretiens, observations, enquète contextuelle c’est bien le propre de ces jeux…
Souviens-toi du Futur… pas seulement pour limiter les biais cognitifs
Vos clients et utilisateurs ne sont pas bons pour spéculer sur l’usage d’un futur produit. L’utilisateur n’est pas un concepteur ; d’où le caractère clairement inutile de ce type de questionnement :« Qu’est ce que devrait faire notre produit ? » Un questionnement trop flou, trop ouvert, trop abstrait… Dans le meilleur des cas, le discours des utilisateurs sur un futur usage est à prendre avec des pincettes : ils vont généraliser, simplifier ou encore idéaliser…
Souviens toi du Futur est une petite technique qui permet de limiter ces biais en plongeant l’utilisateur dans un passé qui lui apparaitra plus concret.

Souviens-toi du Futur: comment ça marche?
C”est aussi et surtout un « jeu » tout à fait pertinent pour cadrer le contenu d’une release, ou encore plus pour s’accorder ensemble sur les critères de succès d’une mission, d’une intervention ou d’un projet. C’est d’ailleurs dans ce cadre là que j’ai l’ai utilisé pour la première fois il y a 4 ans : les contours de la mission étaient flous, le contexte complexe, l’assemblée nombreuse et plutôt « high level » : l’exercice nous a permis d’avancer en douceur et de boucler l’impressionnante série d’ateliers de travail demandée…
L’exercice permet donc d’établir un point de référence dans le temps, de donner du contexte et de concrétiser davantage les choses. Le futur devient Aujourd’hui ; ça tombe bien car l’enjeu des techniques UX, quand il s’agit d’échanger sur les usages avec les clients et utilisateurs, est avant tout de rechercher le présent.
Exemple de mise en situation et du jeu “Souviens toi du futur”:
“Nous sommes en septembre 2012 cela fait maintenant 6 mois que vous utilisez ce nouveau produit ; vous en êtes content et cela se sent. (Étape 1) Ce matin vous croisez votre boss qui vous demande ce qui vous plait tant de ce nouveau produit, et ce qu’il vous a apporté sur ces trois derniers mois (étape 2).
Les variations sont nombreuses, scénarios ou niveau de détails demandé mais au final tout est dans le questionnement. En gros:
AVANT (et classiquement) : Qu’est ce que le système doit faire ?
APRES (dans le cadre du jeu): Mise en contexte + Qu’est ce que le système a fait du bien ?
L’idée, comme toute technique UX, est de multiplier ce questionnement auprès de nombreux utilisateurs… d’alterner travail individuel et dynamique collective…
Autre intérêt de Souviens-toi du futur, on peut l’utiliser dans de multiples situations. Dernièrement, je l’ai utilisé pour cadrer les attentes de mes clients sur une potentielle mission de coaching.

Remembrer the Future: un Innovation Game plus qu'intéressant!
Ils étaient deux, … après avoir échangé sur la question, on est parti sur 5 minutes de travail individuel sur postit, puis regroupement sur poster. Au final, on a une idée claire des 4 ou 5 points sur lesquels on va mettre l’accent ! “Implique moi et je comprendrai!”
“Mon ombre et moi” : certainement le plus UX !
Un innovation game qui consiste à se mettre dans l’ombre d’un utilisateur, à l’observer pendant qu’il utilise votre produit ou service pour identifier les besoins cachés. Sur ce jeu là, Luke Hohman ne s’est pas « foulé »… c’est de la pure enquête contextuelle, ou encore l’observation de l’Homme en situation de Travail, une technique de base de l’ergonomie francophone qui se centre avant tout sur l’activité des personnes…

homme au travail- observation et user-research-credits-seco
Plus qu’un jeu, cette technique va donc chercher à décortiquer le travail notamment autour des 3 composantes de l’activité humaine:
- Physiques (vision, audition, mobilité…)
- Intellectuelles (mettant en jeu divers processus cognitifs: résolution de problème, prise de décision, mémorisation, apprentissage…)
- Sociales et de coopération (communication, collaboration, coordination …)
ll s’agit aussi de creuser ses déterminants :
- poste de travail et interfaces Utilisateur
- organisation du travail
- environnement de travail
- contenus et objectifs du travail («la tâche» à réaliser et ses attributs, services à assurer, contrôles à effectuer, consignes, modes opératoires…)
- caractéristiques de l’utilisateur (âge, sexe, qualification, formation, expérience, savoirs, savoir-faire, savoir-être, ancienneté, statut, handicaps, motivation …)
Luke Hohmann n’aborde évidemment pas ces questions mais il remet cette technique sur le devant de la scène, sous un nouvel angle : tant mieux !!! Toutefois, inutile de souligner le fait que ce “jeu” nécessite tout de même un vrai savoir-faire sur les problématiques de recherche utilisateurs…
On peut faire varier les protocoles d’observation (ex : pensée à voix haute…) mais dans tous les cas discrétion et limitation des interférences doivent rester de mise. Prises de notes et recueil des principaux artefacts sont aussi des incontournables qui serviront de base au travail de modélisation, idéalement collectif, qui suivra…
Interpréter les comportements,
Comprendre ce que pensent les utilisateurs et
Anticiper les besoins,
voilà ce qui nous motive à jouer et à apprécier « Mon ombre et moi »
Posted by jc-Qualitystreet on 11 octobre 2011
… j’airai même jusqu’à dire que la constitution de petits groupes dans une logique divergence / convergence, en utilisant la technique adéquate est le secret de mes workshops!

Collaborative workshop and small groups
Parfois, diviser un groupe important est une nécessité quand on vous a “vendu” pour animer une série d’ateliers de travail ou des formations avec des groupes de plus de 20 personnes
On retrouve aussi cette logique dans les rdv Open Space Technology (”Forum Ouvert”, un format de conférence que nous aimons bien, chez Valtech, organiser chez nos clients dans une dynamique de changement et d’innovation)
Plus largement, scinder un groupe de travail en des petits groupes de 2, 3 ou 4 personnes pour mener à bien certaines activités à l’agenda d’une réunion de travail, présente de nombreux avantages.
En effet le travail en petits groupes permet:
- de créer une dynamique, aux personnes de garder la pêche et au Workshop de conserver une véritable énergie qui fera toute la différence
- aux participants de briser la glace, de se découvrir et d’apprendre à se connaître, bref de créer une vraie relation
- d’obtenir plus d’engagement sur ce qui ressort de chaque groupe puis au final de l’atelier de travail lui même
- d’être plus créatifs et riche en terme de contenus en jouant sur la diversité et la collaboration quand les groupes travaillent en même temps sur le même probleme
- d’être plus efficaces en faisant travailler les groupes sur des tâches différentes puis en leur demandant de présenter le résultat de leur travail aux autres groupes qui à leur tour peuvent réagir sur le problème posé. J’avaoue que j’affectionne tout particulièrement cette technique, et l’utilise beaucoup dans mon coaching agile en sprint planning ou Product Backlog refinement (ce workshop à mi sprint ou l’on bichonne le backlog et prépare le sprint suivant)

Scrum Sprint Planning: Tasks decomposition
Quelques clés
- Poser l’agenda, les activités associées et les règles du jeu du travail de groupe
- Faites varier les techniques de fonctionnement de ces petits groupes, et donc ses règles du jeu:
- Les discussions informelles en groupe de 3, 4 ou 5 personnes (et son extension à un modèle Fishbowl avec tout d’abord un groupe au centre de la salle qui échange sur la problématique donnée et les autres groupes en observateur, puis une discussion globale puis l’autre groupe au centre du jeu)

Source: http://mountmadonnaschool.org/chautauqua/day-three-mount-madonna-student-fishbowl/
-
- Le groupe de réflexion chargé d’explorer un sujet
- Le groupe de travail auto-organisé autour d’un objectif commun pendant une courte période de temps “Vous avez 45 minutes pour créer une “Product Vision Box”
- Le 2-4-2 avec 4 personnes qui sur une activité donnée fonctionnent en 3 tours timeboxés (D’abord 2 paires de 2, puis à 4 puis 2 nouvelles paires)

Agile workshop: the 2-4-2 technique
-
- Le “Talk then Switch” avec 2 personnes sur un temps assez court et pour explorer un sujet ou mieux se connaitre (l’un parle pendant 3 minutes, l’autre écoute puis on alterne…)
- Alterner les activités de groupe et les sessions plénières en faisant varier le cycle Divergence - Convergence
- Indiquer aux groupes le temps dont ils disposent pour mener à bien leur activités
- Passer régulièrement d’un groupe à l’autre pour voir ce qui s’y passe
- Se garder suffisamment de temps pour la restitution aux autres Groupes et le feedback des autres
Bref, en formation ou en workshop, et encore plus sur des projets agiles (Sprint planning, Release planning, Product Backlog Refinement…), ces activités en petits groupes sont des incontournables!
Posted by jc-Qualitystreet on 4 octobre 2011
Après gérer celui qui parle trop, voici son pendant, gérer ceux qui sont plus discrets… pas si simple!!!
L’essence même de la facilitation est d’encourager, de faciliter la prise de parole en créant de multiples ouvertures permettant aux personnes de participer.
Amener toutes les personnes à participer, y compris celles dont on remarque qu’elles sont davantage en retrait est un élément crucial de notre activité de facilitateur dans les groupes de travail ou encore dans les formations.
Les groupes de travail sont par nature hétérogènes, et de la même manière qu’on y rencontre systématiquement des gens plutôt expansifs, on y trouve toujours personnes plus en retrait, du fait de leur personnalité ou des circonstances (nouveaux dans le groupe de travail, dans l’équipe ou dans la boite).
La bonne attitude???
Jamais évident car l’idée n’est pas de placer sous le feu des projecteurs une personne qui pour des raisons qui lui sont propres ne souhaite pas s’y placer. Il faut donc agir avec subtilité sans être trop intrusif.
Quelques clés
- Gérer celui qui parle trop et qui inhibe les autres (parfois cela suffit) en s’adressant directement à la majorité silencieuse (au groupe d’une manière générale):
- “Qui d’autre a une idée”,
- “Qu’en pensez-vous? “”
- ” Quelqu’un veut réagir?”
- ” Et de votre côté, qu’est ce qui s’est dit?”
- Encore, plus simplement, faire un petit tour de table en laissant s’exprimer les personnes à tour de rôle de cette manière tout le ,monde a l’occasion de parler
- Ne jamais relâcher son attention de ceux qui auront justement tendance à s’en écarter. Très dur notamment dans le cadre des formations où l’on doit se concentrer sur son propre discours et répondre aux questions! C’est éprouvant, on ne réussit pas à tous les coups mais ne pas lâcher est assez satisfaisant à la fin de la journée
- Etre toujours attentif et capter le moindre signe signifiant que la personne plutôt en retrait éprouve le désir de parler
- Soi même donner quelques signes à la personne l’incitant à la prise de parole (rester dans le non verbal)
- S’adresser à elle directement ” Vous vouliez ajouter quelque chose?”, sans forcer évidemment…. (aller dans le verbal)
Et vous comme faites-vous?