Posted by jc-Qualitystreet on 18 juin 2010
Une vraie question, n’est-ce pas ?
Et surtout, un exercice que j’apprécie tout particulièrement, et que je propose souvent en Rétrospective dans mes activités de coaching Agile. Il permet d’ouvrir les débats, d’identifier quelques dysfonctionnements, ou de confirmer que ça va bien, et plus globalement de prendre la température de l’équipe.

Mesure de la satisfaction de l'équipe sur sa façon de travailler ensemble
On est évidemment sur du ressenti mais la technique est très intéressante puisqu’elle nous permet d’aborder les questions collaboration , communication, feedback tout en ne nécessitant que peu de temps dans sa préparation et dans sa réalisation.
Cette mesure de la satisfaction de l’équipe sur sa façon de travailler ensemble nous donne un précieux indicateur d’équipe, trés simple, qu’on peut suivre sur quelques sprints dans un souci d’amélioration … Toutefois, pour varier les plaisirs, je l’abandonne généralement au bout de 3 ou 4 sprints…

Voila comment je procède :
- Je présente l’exercice et son objectif à l’équipe
- J’explique l’échelle (de 1 à 5)
- Je distribue des post It vierges
- Chaque membre de l’équipe (au sens large, inclus PO et SCM) indique ANONYMEMENT sa note sur le post it
- Je ramasse les post it
- Je dépouille et construis l’histogramme de satisfaction durant l’exercice suivant (par exemple la Timeline)
- J’affiche l’histogramme au mur et on en discute … FEEDBACK IMMEDIAT !

La description des valeurs 5 et 4 sur l'échelle de satisfaction
Note : Une bonne variante de l’étape 4 et 5 consiste à le faire de manière transparente avec un vote à 5 doigts. Tous ensemble et en même temps. On enchaîne alors avec les pourquoi ou on laisse la discussion s’installer…
Sa simplicité fait son efficacité : amis ScrumMaster, amis Coach, n’hésitez-pas à essayer cette petite mesure !
Les autres Trucs de Coach Agile:
Posted by jc-Qualitystreet on 14 juin 2010
L’agilité nécessite d’envisager les projets différents. Une des premières différences réside dans le travail d’estimation à réaliser. En effet, l’équipe est amenée très vite à estimer le « Backlog de produit » (la liste des exigences du produit ou plus exactement la liste de tous les éléments sources de valeur qui vont nécessiter du travail de l’équipe pour le réaliser).
Ce travail d’estimation est un préalable à l’effort de planification qui l’accompagne, il est indispensable pour savoir où l’on va. Il va consister à estimer un « Backlog de produit » en « Points » (en quoi ?????) et à le faire de manière collective avec un Planning Poker (un quoi ????).
Ce nouveau mode d’estimation n’est au départ pas naturel : il va s’agir d’estimer la complexité de tous les items du backlog de manière relative, les uns par rapport aux autres (2x Plus ; 3x Plus ; Un peu moins ; La moitié ; 5 fois Moins ; 8xplus …).
Pour cela on utilise des cartes de planning poker (un jeu un peu spécial fondé en partie sur la suite de Fibonacci) , et l’équipe vote ensemble pour estimer chaque élément, sur 1, 2 ou 3 tours en recherchant le consensus ; pas forcément plus naturel mais au moins qui présente un côté ludique !

Jeu de planning Poker
Je ne reviendrai pas ici sur le déroulement d’une session… (peut être un prochain “truc de coach”). Le choix d’un étalon (une User Story de référence), la triangulation et surtout L‘INTELLIGENCE COLLECTIVE sont les piliers de cette technique dont les bénéfices sont certains…
Le problème : Les équipes perdent souvent le fil de leurs estimations, éprouvent des difficultés à comparer, manquent de repères. D’autant que cette activité peut prendre du temps …
La réponse du Coach : L’affichage visuel en colonnes (1 colonne par Valeur), et le placement sous chaque valeur des stories qui correspondent à celle-ci !

Affichage Visuel durant l'estimation
Les Avantages :
- C’est visuel
- Cela facilite la comparaison et renforce le concept de «complexité relative»
- Cela facilite la triangulation
- Cela renforce l’idée que rien n’est pas figé durant ce travail: changer le post it de place est facile!
ATTENTION : Garder sur le post it ou ailleurs la priorisation métier (car votre belle liste ordonnée vole en éclats)
Les autres Trucs de Coach Agile:
Posted by jc-Qualitystreet on 19 mars 2010
Coach agile vs ScrumMaster : c’est parfois un peu flou… sans doute parce que le ScrumMaster utilise dans ses activités des techniques de coaching agile, sans doute parce que le coach Agile peut être amené sur certaines missions à jouer le rôle de ScrumMaster.
Pourtant selon moi aucune ambigüités : « Le ScrumMaster n’est pas un Coach Agile ». Avant de justifier cette assertion avec quelques éléments de comparaison, voici dans les grandes lignes en quoi consiste le travail de chacun.
Le ScrumMaster
Animateur d’une équipe qui applique la méthode Agile Scrum, le travail du ScrumMaster consiste à aider l’équipe à travailler de manière autonome et à s’améliorer constamment. Il est le garant de Scrum sur le projet. Le ScrumMaster va principalement agir en facilitateur, va protéger l’équipe et lever les obstacles empêchant l’équipe d’avancer.
Le Coach Agile
Le travail du Coach Agile consiste à accompagner pour une durée déterminée une Organisation, une équipe ou une personne dans son parcours vers ou dans l’agilité, pour des résultats concrets et mesurables. Le focus est mis sur l’agilité, une spécificité qui fait que le « Coach Agile », va généralement au-delà de la posture classique du métier de coach en s’aventurant sur d’autres terrains : formation, mentoring, conseil ou encore évangélisation, pour permettre à son client d’atteindre en toute autonomie les objectifs qu’il s’est fixés .
Eléments de comparaison
|
COACH AGILE
|
SCRUMMASTER
|
| Mission |
Centrée sur l’Agilité
Pour l’individu et/ou l’Équipe et/ou l’Organisation
Nécessite fortement de clarifier les objectifs et d’analyser précisément le contexte d’intervention
=> Grande Variabilité - Impact sur les activités |
Centrée sur Scrum
Pour l’équipe
Objectifs généralement clairs liés à la description du rôle (Garantir Scrum sur le projet, Faciliter, Protéger l’équipe, Lever les obstacles)
=> Peu de variabilité - Peu d’impact sur les activités |
| Champ d’intervention |
L’agilité au sens large |
Scrum |
| Relation au projet |
Indépendant - Tiers |
Partie-prenante - Dans le projet |
| Relation à l’équipe |
Ne fait pas partie de l’équipe
Ne protège pas l’équipe |
Avec l’équipe au quotidien
Protège l’équipe |
| Présence |
Ponctuelle et variable selon le contexte et les besoins. Présence plus forte au début de la mission, moins importante par la suite. Le Coach recherche l’autonomie de son Client… |
Continue. Sur toute la durée du projet. |
| Pré-requis Formation |
Formé aux méthodes, rôles et pratiques Agiles.
Formé au coaching (certifié ou non)
Bonnes connaissances des cycles de vie, des métiers et activités du SI (qui fait quoi …)
Connaissances de base en psychologie |
Formé au rôle de ScrumMaster (certifié ou non) |
| De l’expérience dans l’application de l’agilité |
Nécessaire |
Pas nécessaire |
| De l’expérience dans la mise en œuvre de l’agilité dans différents contextes |
Nécessaire |
Pas nécessaire |
| Agit en Formateur |
+++ |
Non |
| Agit en Facilitateur |
++ |
+++ |
| Agit en Mentor |
+++ |
+ |
| Agit en Coach |
+++ |
+ |
| Agit en Consultant |
+ |
Non |
| Est l’agent du changement |
+++ |
+ |
Note Echelle :
+++ (Oui Enormément) ; ++ (Oui Beaucoup) ; + (Oui Un peu) ; Non
Mais tout cela n’engage que moi !
Posted by jc-Qualitystreet on 10 janvier 2010
Les rétrospectives d’itérations (sprints) ou de projet sont des vrais moments d’échanges et de communication. RDV incontournables de Scrum et des Méthodes Agile, elles peuvent s’appliquer aussi sur d’autres terrains, avec toujours les mêmes objectifs :
- Découvrir ENSEMBLE ce qu’on a fait de bien
- Comprendre ENSEMBLE ce qui n’a pas fonctionné
- Trouver ENSEMBLE des moyens pour s’améliorer
Comme on le voit, un maitre mot, ENSEMBLE, et la forte particularité d’être tourné à la fois vers le passé mais aussi vers l’avenir (le PLAN D’ACTION). Toutefois, cette dynamique collective, ouverte et transparente, pour bien fonctionner, a besoin d’être stimulée par toute sorte d’exercices… La TIMELINE est le premier d’entre eux, un exercice qu’en tant que coach et facilitateur, j’affectionne tout particulièrement !

Timeline pour une belle retrospective
La TIMELINE est dans un premier temps une pure activité de divergence (ouvrir et lister un maximum d’options) qui permet de se replonger « dynamiquement » dans le passé. Elle peut être envisagée de plusieurs façons. De mon côté, je la facilite ou demande au ScrumMaster (coaching agile) de la faciliter en plusieurs temps, en combinant travail individuel et collectif, en insistant sur les éléments positifs et négatifs :
1. Ouverture de l’exercice (intérêt et consignes …)
2. Chaque personne travaille de son côté durant un temps donné et écrit ses post-it (vert et rose J)
3. Tous se lèvent pour afficher les post it sur la Timeline (j’aime bien la découper en semaines)
4. Tous prennent connaissance de ce qu’ont affiché les autres
5. Tous discutent autour de la Timeline pour expliquer, comprendre et pouvoir alimenter les posters clés de toute rétrospective : “Ce qu’on a fait de bien”, “Ce qu’on doit améliorer”, “Ceux qu’on aimerait remercier“… et le plan d’action (activité de convergence)

Timeline et autres posters
TRANSPARENCE, FEEDBACK, COURAGE et COLLABORATION : c’est dans ces moments-là que se construit l’esprit d’équipe ...
VOUS L’AVEZ COMPRIS, la Timeline est toujours un grand moment de plaisir !
Pour terminer, j’en profiterai pour vous souhaiter, à vous chers lecteurs, une belle année 2010, et à ce blog, un bon Bloganniversaire: Qualitystreet a 3 ans en effet !
Posted by jc-Qualitystreet on 4 décembre 2009
… le face à face, les discussions et les échanges autour du tableau blanc !
Les workshops ou « Ateliers de travail » se multiplient dans le cadre des projets informatiques, désormais le plus souvent, à l’initiative même du Client. Réunions ou atelier de travail, vous le savez depuis longtemps, mon cœur ne balance plus … Mais laissons de côté mes préférences, laissons tomber l’effet de mode, et soyons pragmatique, factuel !
Le face à face au tableau blanc c’est en effet le mode de communication le plus efficace !
(bien loin devant le téléphone, chat, video conférence , l’email ou l’échange de doc papiers)

Communication Modes Effectiveness - Scott Ambler
Et si, ce n’était pas tout simplement, cette redoutable efficacité qui rendait ce format aussi populaire ! L”avantage des travaux de Scott Ambler et d’Alistair Cockburn, auteurs de ce schéma, c’est qu’on peut les vérifier au quotidien sur nos propres projets.
Moi même, je suis régulièrement amené à travailler en mode distant ou à coacher des équipes distribuées… et croyez-le ou non :
- ce sont ces face à faces au tableau blanc, marqueurs à la main que je regrette le plus.

- Ce sont bien, ces dailyscrum les yeux dans les yeux devant le taskboard du radiateur d’information, le post-it à la main qui le plus font défaut aux équipes distribuées

A distance, tout se complique…
le dialogue perd de sa superbe. Il devient vite incertain pour un résultat bien souvent aléatoire malgré une dépense d’énergie qui elle est bien réelle. Tenez la semaine dernière, j’ai facilité une revue de sprint et une rétrospective (SCRUM) avec une équipe scindée en deux (France / Inde)… et bien, même avec des participants qui jouaient le jeu, et le support d’un bon ScrumMaster, ce fut très sport !
Car se passer des ateliers en face à face , travailler à distance (au téléphone par exemple) c’est dire adieu à tous ces précieux indices qui font la richesse de la communication humaine. Des plus évidents (le visuel, la proximité, la 3D, le mouvement…) aux plus anodins.
Le temps de latence fait partie de ces derniers, et c’est d’ailleurs un américain, membre de notre équipe agile, habitué de l’off shore qui me l’a dernièrement fort justement rappelé.
Ces questions-réponses en temps réel, ces feedbacks immédiats, ces interruptions, et indices non verbaux en parallèle, laissent en effet la place à quelques silences énigmatiques, sujets à toutes les interprétations, des silences que vous couperez par une relance hasardeuse qui viendra (et c’est pas de bol) interférer avec une réponse inaudible déclenchée au même moment !
Bref, tout cela pour vous dire que la distance physique (et temporelle pour l’offshore) rendra toujours vos projets distribués plus risqués et plus difficiles à mener, que vos projets menés avec une équipe colocalisée. Je n’insisterai jamais assez :
« le travail coopératif au tableau blanc, y a que cela de vrai ! »,
un mode de communication dans lequel les valeurs Agiles (Courage, Respect, Communication, Feedback et Simplicité) se retrouvent plutôt bien !