Posté par jc-Qualitystreet le 21 avril 2010
Profils utilisateurs, Rôles Utilisateurs et Personas : voilà trois façons de représenter dans un projet, les futurs utilisateurs d’un produit ou service, trois techniques qu’on pourrait croire similaires mais qui affichent de vraies différences. Dans les projets Agiles qui utilisent les user stories, le couple Personas + Rôles Utilisateur, tire largement son épingle du jeu pour toujours plus de bénéfices.
LES PROFILS UTILISATEURS (mode de représentation le plus ancien)
Les profils utilisateurs résument les responsabilités, les tâches et décrivent les classes d’utilisateurs en termes de données démographiques, comportementales, géographiques et psychologiques.
Ni élément fictif, ni scénario …
Initiés au début du projet de conception (dans le meilleur des cas) avec les équipes marketing, les profils ne sont guère mis en avant et ne guident ensuite que très peu le travail des concepteurs. Dans mes missions de conseil début 2000, ils constituaient un livrable de ma démarche UX, mais ne suscitaient guère d’intérêt de la part de mes clients. Du coup, ils passaient souvent à la trappe. J’utilisais un simple format excel.
LES ROLES UTILISATEURS
Les rôles utilisateurs sont quant à eux très utilisés dans le contexte des applications professionnelles On les utilise aussi beaucoup dans les contextes agiles, où ils constituent l’un des éléments forts des User Stories décrites au format « User Voice ».
En tant que < Rôle d’utilisateur >,
Je peux < But >,
Si bien que < Justification >
Un format au sein duquel,
- Le rôle représente celui qui fait l’action et qui en bénéficie
- Le but représente l’action accomplie
- La valeur Business représente les bénéfices qui se dégagent de l’action
Les inclure dans les User Stories nécessite en amont un travail de description des rôles Utilisateurs. Le format de description est très synthétique, en quelques lignes, par exemple en utilisant le format CARD popularisé par Constantine :
Contexte,
Caractéristiques,
Critères,
La volonté de rester sur la relation « UTILISATEUR / SYSTEME », assure aux ROLES UTILISATEUR une certaine efficacité. Là encore, ni éléments fictifs, ni scénario, on veut aller à l’essentiel, ce qui parfois se révèle insuffisant … d’où la stratégie fort pertinente dans certains contextes de développer des personas à partir des rôles, retravaillés, affinés ou élargis.
LES PERSONAS (mode le plus populaire et mon préféré)

Template de Fiche Persona. www.agile-ux.com
Un PERSONA, c’est un utilisateur-type, une représentation fictive des utilisateurs cibles, qu’on peut utiliser pour fixer des priorités et guider nos décisions de conception d’interface. La méthode des PERSONAS est une technique de conception centrée Utilisateurs, initiée par Alan Cooper en 1999, et une technique, qui d’un point de vue personnel, après de nombreuses années de pratique, ne m’a jamais déçu ni moi ni mes clients.
Dans un contexte agile, leur complémentarité avec le « Rôle Utilisateur » présent dans les User Stories fait merveille. L’idée est donc de prolonger les rôles Utilisateurs, de les travailler (dans le cadre d’études Utilisateurs par exemple) puis de les afficher sur le radiateur d’information et de les utiliserau quotidien.
Pourquoi les utiliser :
- Les Personas servent de fil rouge au projet
- La démarche est plustransparente, plus collective, avant tout collaborative
- Le format est plus engageant et plus accrocheur avec des éléments visuels, informationnels et le STORYTELLING
- L’information est spécifique, plus précise, plus CREDIBLE: ce n’est plus «80% de femme», «entre 25 et 35 ans», …. c’est Sophie, 32ans, Assistante Marketing
- L’accent est mis sur deux axes différentiateurs majeurs: les BUTS & Comportements utilisateurs
- Les bénéfices sont réels et bien plus étendus que sur les autres formats: VISION partagée, PRIORISATION, DESIGN D’INTERFACE mais aussi potentiellement communication, formation, commerce et activités marketing.
Posté par jc-Qualitystreet le 9 avril 2010
- Que fait un coach Agile?
- Quel est son rôle, quelles sont ses activités?
- Quel est son profil?
Des questions qui font débat… Mais, Coach Agile, c’est aussi et avant tout mon métier, alors voilà comment je l’envisage et l’exerce.
MA VISION DU COACHING AGILE
Le coach agile n’est pas seulement un coach… il s’aventure clairement sur d’autres terrains de jeu. Le métier a de multiples facettes. Des spécificités qui sont notamment liées au domaine d’intervention (l’Agilité, les METHODES AGILES) et au profil du Coach Agile (son expertise sur les valeurs et pratiques agiles, son expérience à la fois dans l’application de l’agilité et dans la mise en œuvre des méthodes Agiles dans différentes organisations, auprès de différentes équipes).
Le coach agile agit en FORMATEUR
La formation fait partie intégrante de l’activité de coach agile. L’agilité est une discipline jeune pas toujours bien connue ou maîtrisée par nos interlocuteurs ; il ya donc pas mal de choses à enseigner, notamment les règles fondamentales (le SHU « suivre les règles » de notre mécanique d’apprentissage Shu Ha Ri), les pratiques clés, les valeurs, les principes…
Le coach Agile forme donc les équipes au Process Scrum, aux pratiques Agiles ou à des rôles plus spécifiques comme ScrumMaster ou Product Owner. Former des personnes ne s’improvise pas : chez Valtech par exemple, nous devons passer une certification délivrée par la branche Training de Valtech.
Le coach agile agit en FACILITATEUR
Faciliter, c’est aider un groupe, une ou des personnes, à apprendre, explorer, trouver des solutions, atteindre un consensus. Au cours de ses interventions, le coach agile est souvent amené à faciliter les échanges entre les différentes parties-prenantes. Selon ses objectifs et les contextes, il peut lui-même faciliter certaines réunions : l’estimation d’un backlog de produit (en planning poker), des ateliers Vision, des réunions de planification ou des rétrospectives. Guider par l’exemple, montrer est une dimension clé de notre travail, j’anime donc ou co-anime avec le ScrumMaster certaines réunions avant de lui laisser complètement la main. C’est un pas vers l’autonomie de nos clients.
Enfin l’indépendance du Coach Agile, son rôle de tiers sur les projets est un atout précieux pour certains types de rétrospectives (de type fin de version, fin de projet), l’animation de certains ateliers de travail ou des rencontres avec la hiérarchie ou d’autres services de l’entreprise. Faciliter des workshops dédiés ou des Open Space Technology dans une perspective d’apprentissage, d’amélioration, d’innovation et de transformation fait aussi partie du job!
Le coach agile agit en MENTOR
Le Mentoring est une pratique d’apprentissage bien connue et plutôt populaire dans pas mal de domaines. Le coaching Agile n’y échappe pas. L’idée est de proposer sur le terrain un soutien « One on One », par exemple sur les techniques apprises en formation. Je me place ici davantage dans une perspective individuelle fortement interactive, à mi-chemin entres des aspects formation et coaching. On allie théories et pratiques. Le mentoring est très approprié sur les rôles de ScrumMaster et de Product Owner mais aussi à certains moments pour l’Equipe et sur certaines pratiques plus techniques (XP).
Le coach agile agit en CONSULTANT
J’ai démarré ma carrière dans le conseil (feu Arthur Andersen) puis l’ai poursuivie pour beaucoup en tant que consultant en expérience utilisateur. Bref, j’ai été consultant, je le suis toujours … et croyez-le ou non j’adore ça (ce qui introduit peut être un biais dans mon discours…). En général, le consultant est attendu sur son expertise, sa capacité de diagnostic et sur les solutions qu’il propose (et parfois met en place).
Quant on discute d’une prestation de coaching agile, la dimension « conseil » est une dimension naturellement attendue par nos clients confrontés à des problèmes et à des dysfonctionnements. On attend des suggestions, des trucs, des astuces : il faut pouvoir y répondre. La clarification des objectifs de la mission de coaching agile permet le plus souvent de bien cadrer l’intervention et la mesure de « Conseil » que nous y distillerons. Ensuite, c’est au cas par cas mais une question de dosage essentielle puisque la posture de consultant est sensiblement différente de la posture de coach …
Le coach agile agit en COACH
Dans coach agile, il y a coach. Le coach Agile « accompagne », une organisation, une équipe, une personne dans son parcours vers l’agilité.
Clarifier les objectifs avec son client, cerner la situation, dresser le panorama et s’accorder sur des indicateurs de réussite (chemin à parcourir) est une nécessité. Puis se lancer dans une activité découverte pour identifier les motivations, les ressources disponibles afin de mieux percevoir les différentes options et stratégies possibles relève précisément du coaching. Observer, poser les bonnes questions, adopter une écoute active, savoir utiliser les silences mais aussi obéir à un code de déontologie (avec par exemple le respect des personnes, le respect du but assigné, la confidentialité, l’indépendance Professionnelle et l’amélioration continue de mes propres compétences) sont objectivement des pratiques de coach professionnel.
Une bonne dose de curiosité, de la patience, pas mal de recul et de l’ouverture d’esprit sont autant de qualités qu’on retrouvera chez le coach Agile
Le coach agile est avant tout l’AGENT DU CHANGEMENT
Le changement est une dimension incontournable de l’agilité, incontournable dans la mesure où les méthodes agiles permettent de mieux appréhender le changement dans le quotidien des projets, incontournable dans le sens où l’adoption de l’agilité dans une organisation nécessite le plus souvent un changement CULTUREL majeur. La transformation agile n’est pas anodine.
Le coach agile accompagne donc ce changement sur le plan organisationnel et humain. J’irais même plus loin : il est l’agent du changement dans l’organisation. Le coach Agile porte donc haut les valeurs de l’Agilité qu’il va défendre auprès de l’équipe (pour créer une dynamique et donner des repères) et de l’extérieur. Son rôle est aussi d’évangéliser sur l’agilité… dans ses échanges, ses discussions, au cours de réunion de présentation, de sensibilisation. Il a une conviction à partager.
Le métier de coach agile est un métier aux multiples facettes, déployables en contexte et fortement dépendantes de la situation, des objectifs de l’intervention et de la maturité des clients, sans oublier l’aspect déontologie à ne pas négliger.
Jean Claude GROSJEAN - Coach Agile
J’accompagne depuis plusieurs années la transformation agile des organisations et coache les personnes, les équipes sur les bonnes pratiques agiles et Lean tout en gardant l’Expèrience Utilisateur au coeur de mes préoccupations.
Posté par jc-Qualitystreet le
Le lien vers l’interview que j’ai donnée à Gautier d’AlterErgo.
Le thème vous est sans doute familier : Ergonomie et Experience Utilisateur Agile:
Un extrait :
“En quoi la démarche ergonomique et les méthodes Agile sont-elles liées ?
Dans les deux cas, l’accent est mis sur le facteur humain, c’est selon moi l’élément déterminant. Pour le reste, la recherche permanente du feed-back, au travers notamment des tests et de la défense de la simplicité, est commune aux méthodes Agile et à la démarche ergonomique.
Qu’est-ce que les méthodes Agile peuvent apporter à la démarche ergonomique ?
La démarche ergonomique peut bénéficier de conditions très favorables offertes par l’agilité (des conditions rarement présentes dans les cycles de développement traditionnels). Ces leviers forts sur lesquels l’ergonome va pouvoir asseoir son action sont les suivants :
des livraisons fréquentes (toutes les deux ou trois semaines) ;
une activité de validation en continu ;
un travail collaboratif ;
la coopération et l’implication forte des clients et utilisateurs tout au long du projet ;
l’accent mis sur la simplicité.”
La suite de l’interview
Posté par jc-Qualitystreet le 8 avril 2010
Les tests exploratoires se définissent comme l’apprentissage, la conception et l’exécution simultanée des tests. Pour faire simple, moins ces activités sont séparées, plus le niveau d’exploration est jugé élevé : on parle alors de tests exploratoires.
Dans l’univers des tests logiciels, les tests exploratoires se distinguent donc clairement des techniques scénarisées (« scripted tests »), fondés sur des cas de test (valeurs d’entrée / script d’exécution / résultats attendus). Sur les projets IT, ils sont un complément très utile à ces tests « classiquement » scénarisés, notamment niveau interface, pour plus de feedback et peuvent les remplacer efficacement en cas de flou ou d’instabilité dans les exigences.
Aller plus loin… Vers un test exploratoire centré ergonomie
L’approche des tests exploratoires est plutôt récente et en pleine expansion, d’autant qu’elle colle plutôt bien aux nouvelles exigences de tests apparues avec les méthodes Agiles.
Interactive et créative, la démarche est en effet centrée avant tout sur le résultat plutôt que sur la conception, documentation et l’archivage de cas de tests (valeur et principes agiles). Elle se concentre aussi sur le métier de Testeur, ses compétences, son savoir-faire, bref sa valeur ajoutée.
Et l’évaluation cognitive experte dans tout cela, une technique reconnue depuis longtemps en ergonomie des logiciels ? Des tests exploratoires qui intègrent ce volet ergonomie apportent une richesse supplémentaire dans cette quête perpétuelle de la QUALITE et du BON PRODUIT et dans la recherche des défauts. C’est aussi un + pour le testeur dans sa connaissance du produit et des attentes des utilisateurs.
Les bénéfices sont évidents mais nécessitent de la part du testeur une montée en compétences sur sa connaissance des processus cognitifs humains ainsi que sur les principaux critères ergonomiques de conception.
Tester le système du point de vue de l’utilisateur : une raison d’opter pour le test exploratoire
Tests scénarisés vs Tests exploratoires : une question de moment et de STRATEGIE DE TEST. Toutefois, il est clair que s’engager régulièrement, par exemple à chaque sprint (contexte Agile) dans une session de test exploratoire, dans la peau des futurs utilisateurs, est aujourd’hui indispensable.
Concrètement, la technique va consister à simuler les processus utilisateurs en jeu avec le système, et à s’arrêter à chaque étape du processus pour vérifier que l’utilisateur peut enchaîner. Le testeur se met donc à la place de l’utilisateur, accomplit chaque tâche comme celui-ci le ferait, en s’arrêtant et en s’interrogeant à chaque écran :
- les utilisateurs comprendront-ils quoi faire?
- les utilisateurs comprendront-ils comment le faire?
- les utilisateurs comprendront-ils les feedback?
Il va se fonder sur sa connaissance des facteurs humains et des processus cognitifs…
- Attention
- Perception et reconnaissance de l’information et des actions
- Mémorisation
- Apprentissage
- Communication
- Résolution de problème
- Décision
… et sur des questions types à se poser, comme par exemple :
- L’action correcte à engager sera-t-elle évidente pour l’utilisateur ?
- L’utilisateur va -t-il remarquer que l’action correcte est disponible ?
- L’utilisateur va-il interpréter la réponse à l’action correctement ?
Une approche toujours structurée mais deux Prérequis pour déterminer l’oracle de test
Une session de test exploratoire obéit à des règles qui la cadrent. Elle est délimitée dans le temps, commence toujours par une charte de session et se termine toujours par un mini rapport de test rassemblant la liste des défauts et des problèmes identifiés ainsi que les principales notes produites.
Les tests exploratoires centrés sur l’ergonomie ont quant à eux deux pré-requis. Outre de très bonnes connaissances en ergonomie, une vision claire et complète des futurs utilisateurs du produit est également nécessaire avant de se lancer dans le test.
C’est là que les PERSONAS interviennent car pour se mettre dans la peau de ses utilisateurs, il faut bien les connaitre : leurs buts, les déclencheurs de leurs actions, leurs influences, leurs freins ou les bonnes surprises !